Dans la Russie impériale de la fin du XIXème siècle

L’insigne d’argent, de Korneï Tchoukovski

Afficher l'image d'origineOdessa, au bord de la mer noire – 1895.

Nikolaï est élève dans un collège strict de Russie à la fin du XIXème siècle. Entre les cours d’éducation religieuse, d’histoire russe ou de géographie, pas le temps de beaucoup rigoler… Mais il reste avant tout un adolescent et ne peut s’empêcher de se moquer des tiques de langage d’un de ses professeurs… Se rendait-il compte qu’il risquait l’exclusion définitive ? Dès lors, le cours de la vie de Nikolaï va prendre un tournant totalement différent de celui qu’il imaginait, mais il va bien falloir s’adapter.

Tout part d’une mauvaise plaisanterie, mais le prétexte est trop beau pour le directeur surnommé « Six-yeux » de se débarrasser d’un élève dont la situation sociale et familiale n’est pas suffisamment reluisante pour faire la gloire de l’établissement scolaire. Car la fameuse insigne d’argent qui donne le titre au livre est celle que Nikolaï va se faire arraché de sa casquette d’uniforme lorsqu’il est renvoyé. C’est un symbole fort.

Les personnages sont haut en couleur et le ton est humoristique malgré une histoire finalement assez dramatique. On plonge de plain-pied dans un univers russe très marqué qui dresse le portrait d’une société faite d’inégalité sociale, d’injustices, de corruption et d’excès. Rempli d’anecdotes (le plus croustillant étant à mon avis la triche à  la dictée relatée dans le premier chapitre  !) et d’éléments sur la vie quotidienne dans la Russie du 19ème siècle, ce livre est un beau témoignage. Korneï Tchoukovski, de son vrai nom Nikolaï Vassilievitch Korneïtchoukov, est un auteur russe très connu en Russie et par les personnes -comme moi- qui s’intéressent à l’Histoire et la littérature russe. Il est particulièrement connu pour ses ouvrages de littérature de jeunesse, en particulier le personnage du Docteur Aïbolit (qu’on peut traduire par « Aïjaimal »).

Odessa est une ville située au bord de la mer noire, actuellement en Ukraine. Au XIXème siècle, elle était la 4e ville la plus importante de la Russie impériale. C’est là-bas que Pouchkine, le grand poète russe, avait été exilé au début du 19e siècle.

Le texte de Tchoukovski est judicieusement enrichi d’une présentation permettant de replacer le contexte historique et culturel, de notes sur l’alphabet cyrillique, sur les noms russes et leurs patronymes, d’explications  sur les citations  qui égrainent le texte, d’un glossaire expliquant les mots typiquement russes et d’une biographie de l’auteur.

J’ai donc été heureuse et touchée de lire cet ouvrage autobiographique émouvant, bien traduit, qui peut tout à fait intégrer la liste des lectures cursives sur la thématique de l’autobiographie pour les classes de 3ème, même si le texte est marqué par un décalage générationnel et culturel fort. A réserver aux bons lecteurs. Je remercie les éditions l’Ecole des Loisirs de permettre aux lecteurs français d’accéder à ce texte.

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