Le Cambodge des Khmers rouges

Sothik, de Marie Desplechin et Sothik Hok

Sothik a trois ans lorsque les Khmers rouges entrent dans la ville de Kompong Cham au Cambodge et que débute la guerre civile. Il en a 8 lorsque les Khmers rouges prennent le pouvoir du pays. Le quotidien change alors complètement : alors qu’avant, le peuple redoutait les bombardements américains qui sévissent à cause du conflit avec le Vietnam voisin, maintenant, ce sont  de ses propres dirigeants qu’il a peur. Une dictature féroce et sanguinaire s’impose dans tout le pays : massacre de population (extermination des classes sociales élevées, des médecins, des enseignants, etc), privation de nourriture mais interdiction de chercher la nourriture par soi-même, abolition de l’argent, livres brûlés, mise à disposition du peuple pour servir la cause commune, séparation des enfants et des parents, etc… Sothik est donc enlevé à ses parents pour intégrer un groupe d’enfants installé à trois kilomètres du village près de la rizière où ils sont contraints de travailler. Sans amis, sans attaches (l’amitié et l’attachement menaçant le groupe), Sothik va s’adapter à cette nouvelle vie et tenter de survivre.

Un témoignage fort sur les exactions commises au Cambodge (au Kampuchea démocratique, comme cet Etat était alors appelé) par les Khmers rouge de 1975 à 1979 et qui aura fait près de 2 millions de morts, soit 20 % de sa population ! Pol Pot était alors le chef des Khmers rouges.

La voix est donnée aux souvenirs d’un jeune garçon, de ses trois ans jusqu’à la liberté retrouvée… 4 années de souffrance physiques et psychologiques, puis sa reconstruction et sa vie d’adulte.  Cette page d’Histoire étant très rarement abordée, en particulier en littérature jeunesse, ce témoignage à la portée des adolescents est très instructif. Touchant, émouvant, le narrateur dresse un tableau réaliste mais qui reste accessible aux jeunes lecteurs car aucun détail trop cru n’est développé. Malgré un regard critique sur le régime totalitaire en place, on ressent l’acceptation et le lavage de cerveau qu’a subi l’enfant, et cela rend ce témoignage peut-être encore plus fort : les slogans le disent bien :  » il faut détruire l’ennemi visible et aussi celui qui est invisible : l’ennemi dans sa pensées » ; « qui proteste est un ennemi, qu s’oppose est un cadavre » ; « mieux vaut tuer un innocent que  de garder en vie un ennemi ». L’écriture est sobre et le témoignage vibrant. Les illustrations de Tian,  également Cambodgien ayant vécu cette terrible période sont également trèsréussies. On ressort de cette lecture à la fois horrifiés et changés… et l’on ne s’en rend vraiment compte quelques jours après avoir refermé le livre…

Pour empêcher les idées dangereuses de se développer, il faut prendre très tôt le contrôle de l’esprit des enfants. Donc, les enlever à l’influence de leurs parents.

Sokol est conduit dans une crêche gardée par les femmes âgées du village. Tant qu’il est bébé, il peut rentrer le soir et dormir avec ma mère. Mais dans la journée il doit travailler. Les tout-petits ramassent les bouses qui servent d’engrais.

A l’époque, si les parents étaient considérés comme des traîtres et assassinés, alors, les enfants étaient tués aussi.

 

 

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