Blague meurtrière

Ce crime, de Catherine Leblanc

Un visage, un adolescent, Jonas, sur une photo de classe de seconde. Il est mort, tué à la suite d’une blague qui a mal tourné.Quelques années après, une élève part à la rencontre de quelques-uns de ses anciens camarades. Le lecteur découvre peu à peu l’enchainement des évènements et comment ceux-ci ont influé sur la vie de chacun. Tous en gardent une blessure profonde. Certains ont pu se relever de ce drame, d’autres non…

Catherine Leblanc estCe-crime-C.Leblanc-Les-lectures-de-Liyah née en 1956 à Cholet, dans les Pays de la Loire. Après des études de psychologie, elle est maintenant psychologue à Angers. Elle écrit dans de nombreux genres littéraires : la poésie, les courtes proses, les histoires pour enfants, des nouvelles et des romans.

Au premier abord, la cause est entendue : l’histoire est sans surprise, puisqu’on nous dit tout dans le titre et la quatrième de couverture. Un crime, un collégien poignardé. Et autour de cette photo de classe de seconde, ses camarades qui vivent, ou ont vécu, ce drame de façon très différente… Dix ans plus tard, certains d’entre eux aimeraient tellement revenir en arrière, rembobiner le film et agir autrement. Pour les autres, les avis sont partagés : il y a ceux qui n’arrivent pas à surmonter cet épisode tragique de leur vie et ceux qui, au contraire, s’en servent pour avancer. Quant au professeur de ces adolescents, pour lequel c’était le premier poste, il culpabilise à mort de n’avoir pu éviter la mort de Jonas. Une faute trop lourde à porter qui a brisé sa carrière débutante. Et lorsqu’une élève de la classe devient journaliste, elle tente de lever le voile sur ce drame. Elle interroge un à un ses anciens camarades et aussi le prof. Nous voyons alors défiler une fille fière de sa beauté, ainsi que son inséparable copine. Celle qui se targue de sortir avec le caïd de la classe, mais également l’intello, le timide, l’exclu du groupe qui subit la discrimination raciale et celui qui n’a pas été gâté par la nature. Au fond, tout ce petit monde se souvient très bien de ce drame, mais aucun ne souhaite vraiment s’exprimer. Le meurtre de Jonas est finalement “la faute à pas de chance”, une blague qui tourne au vinaigre, point barre. Avec les années, la maturité acquise par les ados en question les a fait réfléchir au sujet de ce meurtre. Les blessures, portées comme un fardeau trop lourd pour leurs frêles épaules de l’époque, réapparaissent au fil des souvenirs resurgis grâce au témoignage de chacun.

L’auteur, en 56 pages seulement, réussit à nous insuffler des sentiments palpables : le mal-être, la culpabilité, la cruauté des ados, le remords etc. En effet, le bilan est dramatiquement lourd pour une blague de potache : un ado mort, un autre en prison…et une classe entière pas vraiment sereine. La profonde humanité qui se dégage de cette histoire ne laisse personne insensible et touche chacun d’entre nous. Hé oui ! un drame pareil peut arriver n’importe où et impliquer n’importe qui. Au fil de cette lecture, on voit bien que la frontière entre un drame qui vous marque à jamais et celui qu’on aurait pu éviter est extrêmement ténue. L’auteur a voulu, dans cette narration, aborder les différents points de vue des protagonistes et échanger sur un thème plus que difficile.

Au final , un récit poignant qui, ne l’oublions pas, peut nous arriver à tous…

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