Tu seras un homme, mon fils

Himalaya, l’enfance d’un chef, de Evelyne Brisou-Pellen

Petit village du Dolpo, région isolée du Népal dans les hauteurs de l’Himalaya. Ses habitants vivent grâce au sel qu’ils vont extraire des lacs d’altitude et qu’ils emmènent ensuite dans la vallée pour l’échanger contre du grain. Lorsque la caravane menée par les yaks revient chargée du sel, elle ramène aussi leur chef, Lapkha, mort. Il a voulu essayer un nouveau chemin, ce qui lui a été fatal. Tinlé, son père, le vieux chef du village, est persuadé que Karma, le meilleur ami de son fils, est responsable de sa mort car il briguait la place de chef. Tinlé décide alors de conduire lui-même, en dépit de son grand âge, la caravane chargée de sel vers la vallée. Mais Karma et les plus jeunes du village n’ont pas confiance, et malgré les oracles donnant la date rituelle du départ, ils décident de partir quelques jours avant. Tinlé, lui, partira aux jours fixés par les dieux, accompagné de ses vieux compagnons, de son très jeune petit-fils, Tséring, et de son fils, Norbou, moine. Lequel des deux clans va réussir la traversée ? Celui respectant les croyances ancestrales, ou les plus jeunes prônant la modernité ? Cette expédition sera également pour Tséring -amené à devenir chef plus tard- un voyage initiatique.
C’est d’ailleurs par la voix de Tséring, le narrateur, que l’histoire nous est contée, ce qui permet aux jeunes lecteurs de s’identifier au personnage.
Je me souvenais vaguement avoir vu le film il y a des années, avec de beaux paysages, mais finalement assez conventionnel. Je ne me souvenais pas de l’histoire avant de me replonger dans ce livre gentiment envoyé par les éditions Pocket jeunesse… Et là, tout a resurgi. Sous la jolie plume d’Evelyne Brisou-Pellen, les décors sont brillamment posés, les tensions au sein du village entre ceux qui considèrent les traditions ancestrales, les croyances comme la seule possibilité de vivre en accord avec son environnement, et ceux qui souhaitent faire entrer la modernité au sein de la communauté sont très bien retranscrits.
Dans ce livre, ce n’est pas l’action qui prédomine et en ce sens, ce livre ne plaira pas forcément aux lecteurs aimant les histoires pleines de rebondissements, d’aventure et d’action. Car finalement, il ne se passe pas grand-chose, et pourtant, la tension est toujours palpable. C’est le cheminement des yaks et des hommes dans ce milieu hostile de la haute montagne himalayenne, leur évolution, leurs doutes qui apporte le suspens. Les rancoeurs traversant les générations, les relations d’amour ou d’amitié entre les personnages vivant en vase clos dans ce village reculé du bout du monde ajoutent de l’humain à cette histoire qui se lit comme un récit de voyage. Dans notre société ultra-consommatrice, ultra-mondialiste, où on voue un culte sans borne à l’apparence n’est-il pas bon, parfois, de se rappeler qu’un autre mode de vie est possible, où la survie au milieu des siens, avec le strict nécessaire, est la seule priorité. Une fiction au goût de documentaire, assez facile à lire, pas trop long et bien écrit plutôt conseillé aux bons lecteurs qui aiment les grands paysages, les voyages et la découverte de nouvelles civilisations.

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