Syndrôme de Stockholm ou l’innocence d’un enfant

Les Larmes de l’Assassin, de Anne-Laure Bondoux

Paolo est un petit garçon sans âge qui vit avec ses deux parents dans un coin reculé et désertique du Chili. Sans attention ni amour véritables, il s’élève seul. Un jour, survient Angel Allegria l’assassin. Il cherchait un refuge, un endroit où se poser un temps. Après avoir tué les parents de Paolo, il s’installa chez eux. « – Je n’ai jamais tué d’enfant, dit-il. – Moi non plus, répondit Paolo. Cette réponse arracha un sourire à Angel ». Par cette réplique, Paolo avait gagné le droit de vivre. Paolo grandit un temps seul au contact de cet homme rude et introverti qui petit à petit va redécouvrir la vie, des émotions et sentiments qu’il n’avait jamais éprouvés, au contact de cet enfant, loin de tout et de tous. Puis arriva Luis Secundo…Là encore, Paolo lui sauva la vie par un simple mot, « Papa », qu’Angel n’attendait plus. Et la vie s’installe, Luis aussi, rude et implacable donnant à chacun un rôle et le faisant grandir au rythme de ses expériences. Paolo vit avec ces deux hommes qui, chacun à leur manière, lui apporte une part de ce dont il a besoin, le pire des deux lui donnant le meilleur de lui. Puis vint le moment où pour survivre, ils doivent se rendre dans une grande ville pour racheter des animaux de ferme, la vieillesse ayant eu raison des derniers. Angel a changé mais le monde lui n’a pas oublié, n’a pas pardonné. Luis trahit, autant Paolo qu’Angel, là où Angel veille sur l’enfant comme un père. Mais la société et ses règles les rattrapent : Luis rencontre l’amour et s’enfuit, Angel doit rendre des comptes sur ses actes passés et Paolo doit continuer à s’adapter au monde des adultes fait de violence et d’incompréhension. J’ai beaucoup aimé ce livre, brut, sans fard dans sa façon de délivrer les faits. Par sa façon d’écrire, l’auteur dérange. Elle ne transige pas avec les émotions et les sentiments. Aucun voile n’est posé pour donner une dimension politiquement correcte à ses écrits et ce qu’ils retranscrivent. Ce livre dérange, remue et reste l’un des meilleurs que j’ai lu dans le genre. Loin du côté fantastique de Linus Hope (autre oeuvre de l’auteur), on se retrouve confronté à la réalité avec cette même aptitude de l’auteur à nous faire nous remettre en question.

2 réflexions sur “Syndrôme de Stockholm ou l’innocence d’un enfant

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