Le quotidien d’une habitante de la tour de Babel

Lili Babylone, de Claire Maugendre
Loubna, une jeuCVT_Lili-Babylone_1019ne fille d’origine algérienne, vit dans la banlieue parisienne avec sa mère et sa sœur, Lili. Elle profite de son dernier été avant le lycée pour faire du hip-hop et s’adonner à sa passion : la photographie. Son appareil photo est un cadeau de son père, qu’elle ne voit malheureusement que rarement. L’entrée en seconde l’angoisse mais elle se rend finalement compte qu’il y a peu de différences avec le collège. Aussi décide-t-elle de ne faire que le minimum. Les journée passent lentement et Loubna s’ennuie. Sa mère, infirmière, travaille beaucoup et sa sœur, qui s’est tournée depuis peu vers la religion et a adopté le port du voile, s’éloigne de plus en plus d’elle. La jeune fille se sent bien seule et ne supporte plus les fréquentes disputes à la maison. Un soir, elle claque la porte et, après avoir erré dans les rues, tombe sur un groupe de trois adolescents en train de taguer un mur. Parmi eux, elle reconnait Bouba qu’elle avait déjà croisé lors d’un stage de hip-hop. Il y a aussi Slim et Séba. Petit à petit, Loubna va trouver sa place dans le groupe.

J’ai trouvé ce livre assez étrange. Tout d’abord le titre : Lili Babylone. On y parle de Lili, la sœur de Loubna alors que l’héroïne est bien Loubna et toutes les questions qui tournent dans sa tête. Lili est certes un personnage intéressant et d’actualité musulmane pratiquante, port du voile …) mais malheureusement elle reste en arrière-plan. Le titre est donc mal choisi et le résumé, lui-même, est tout aussi trompeur. Il nous laisse, en effet, envisager un approfondissement de la thématique religieuse, or ce n’est pas du tout le cas. La situation de Lili est finalement résolue en peu de pages et sans plus d’explications.

L’ensemble du livre tourne donc autour d’une adolescente, qui a du mal à supporter sa famille et cherche un exutoire, autour de ses préoccupations scolaires puis bien vite amoureuses. Bref, une adolescente normale. Le contexte géographique (une cité dans la banlieue parisienne) et le thème de l’immigration ne sont là aussi que peu détaillés. Il y a pourtant des passages intéressants. J’ai particulièrement aimé le dépaysement que procure la description de la fête de l’aïd el-fitr, des succulents plats et des moments de partages entre voisins. L’impression reste finalement que tous ces détails (famille immigrée, conversion religieuse …) ne sont qu’un prétexte censé rendre le livre plus attractif. Mais je reste sur l’impression qu’on aurait pu prendre cette jeune fille et la placer dans une famille aisée d’une petite ville et cela aurait été pareil. Lorsque l’on tourne la dernière page du livre, on se pose finalement la question : mais quel était le but de ce roman ?