Paradis artificiel

Projet oXatan, de Fabrice Colin

Planète Mars – 2541.
Quatre adolescents de 13 ans, Diana, Phyllis, Jester et Arthur dont les parents sont morts en 2530 ont été adoptés par Melle Grace et son mari Armistad, milliardaire aujourd’hui décédé. Ils vivent à l’écart du monde, sans aucun contact avec l’extérieur, sous la surveillance de Mademoiselle Grace, dite MG, dans leur maison qu’ils surnomment le « Bunker ». Il sont ravitaillés une fois par an par un aéronef. Ils suivent des cours via des logiciels éducatifs seuls dans leurs chambres respectives. Pour quitter le Bunker, il faut traverser un marais peuplé d’alligators, « l’Eden », protégé par une clôture haute de six mètres. De l’autre côté se trouve un immense cratère recouvert d’une forêt vierge au milieu de laquelle on aperçoit une pyramide Maya et un lac noir. Dans ce « palais-prison », ils rêvent de liberté. Un jour que M.G. s’absente, ils décident d’organiser une expédition hors du bunker, mais celle-ci tourne mal. Ils reviennent sans Jester après avoir croisé la route d’un ogre bleu de trois mètres.

Les deux premières pages du prologue posent dès le départ la fin du récit. Le narrateur, Arthur, revient sur les événements qui se sont déroulés et qui ont abouti à la mort de trois des protagonistes. Pour répondre aux questions qu’il se pose sur « comment en est-on arrivé là », il décide de relire son journal de bord au premier jour. Débute alors l’histoire proprement dite. Cette construction en flash-back permet à l’auteur d’informer le lecteur que ce n’est pas le résultat qui va importer mais bien le cheminement. Et ça marche. La curiosité du lecteur est piquée à vif et l’on veut savoir coûte que coûte ce qui a pu arriver. Les nombreux rebondissements, le journal de bord utilisant le « vous » qui implique constamment le lecteur, l’intrigue et le suspens maintenus jusqu’au bout font de ce roman un roman de science-fiction très agréable à lire. Les univers se mélangent : rêves prémonitoires, voix immatérielle, pyramide maya, lac noir où les rêves vont mourir, ogres à la peau bleue, etc… On entre alors dans la dimension d’un récit initiatique. Traverser la forêt, c’est partir à la recherche de ses origines. Mais ce que vont découvrir les adolescents est loin de tout ce qu’ils avaient pu imaginer… Se pose alors le problème métaphysique de l’ignorance face à la connaissance. Comprendre c’est perdre son innocence, mais ne vit-on pas plus heureux ignorant ?

Le titre du livre est la clé de l’histoire : OXatan  serait le nom d’un film inspiré d’une légende maya qu’aurait tourné Armistad : l’histoire d’un homme, une sorte de magicien qui, malgré sa stérilité, trouve le moyen d’avoir des enfants…

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