Qu’allait-il faire dans cette chébèque ?

De cape et de crocs, 1. Le secret du Janissaire, de Ayroles et Masbrou
Venise, XVIIème siècle. Don Lope (un loup) et Don Armando (un renard) viennent au secours d’un vieillard, Cénile, dont le fils Andreo est retenu prisonnier dans une chébèque turque, ayant refusé de payer la rançon de 500 écus demandé par les ravisseurs. Mais ceci ne serait-ce pas un stratagème d’Andreo pour soutirer de l’argent à son avare de père ? Dans le navire, nos deux compères découvrent un coffre, et dans le coffre, un écrin contenant une bouteille, et dans la bouteille… une carte. Commence alors une chasse aux trésors des plus rocambolesques.
Le ton est donné dès les premières vignettes : l’histoire débute avec la représentation théâtrale des Fourberies de Scapin. Puis, les clins d’oeil littéraires se succèdent tout au long des pages : le roman de Renart (le loup est don lope Villalobos y Sangrin et le renard Armand de Maupertuis, Jean de la Fontaine avec les deux personnages animaux évoluant dans un monde d’humains, Cyrano de Bergerac, Roméo et Juliette, .les 3 Mousquetaires avec les combats de cape et d’épée, et bien entendu Molière et ses Fourberies de Scapin, pièce mise en abîme au début de l’histoire : « Mais que diable allait-il faire dans cette chébèque ». L’histoire elle-même suit le schéma narratif des Fourberies de Sapin avec ce père qui refuse de payer la rançon pour la libération de son fils. J’en passe probablement de nombreuses ! Toutes ces références ne sont pas forcément comprises par les élèves mais l’histoire en tant que telle se lit déjà très bien au premier degré. Le dessin est de très grande qualité, riche en détails (les vues de Venise sont splendides) et le scénario finalement assez simple permet aux lecteurs sans bagage littéraire classique de lire un récit d’aventure, de cape et d’épée, plein de rebondissements et d’humour. L’écriture est très soignée, mêlant vers et prose avec bonheur. Il est vrai que le texte est assez dense, ce qui ne rend pas forcément la lecture facile pour des lecteurs non-initiés aux codes de la bande dessinée. D’autant que le vocabulaire employé est riche et parfois assez littéraire (« Une âme en peine ! Un affligé ! Portons-lui assistance ! » ou encore « Ce poignard damasquiné que tu portes appartint jadis au versatile mais docte Grégoire… »). Mais c’est un plaisir de trouver une telle qualité d’écriture dans une bande dessinée destinée à la jeunesse.
A lire et surtout à relire pour savourer chaque détail.

2 réflexions sur “Qu’allait-il faire dans cette chébèque ?

  1. J’ai adoré. Le style est vraiment recherché. On y trouve et de l’humour et des références littéraires. J’ai aussi beaucoup aimé le genre cape et épée. J’ai hâte de lire les autres tomes !

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