Vole vole petit oiseau…

Histoire d’une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepulveda
Kengah, une mouette en train de pêcher ses harengs, n’entend pas le cri d’alarme de ses congénères sur un danger immédiat : elle se retrouve engluée dans une marée noire déversée par un pétrolier dans la mer : « La peste noire » des océans comme elle le surnomme. Elle parvient néanmoins à reprendre son envol pour s’échouer sur le balcon de Zorbas, « un chat grand noir et gros ». Alors qu’elle se meurt, elle fait promettre à Zorbas de ne pas manger l’oeuf qu’elle va pondre, de s’en occuper jusqu’à la naissance du poussin, et d’apprendre au poussin à voler. Zorbas décide de demander de l’aide à ses amis les chats du port pour tenir cette promesse insolite. Mais apprendre à voler à un oiseau lorsque l’on est un chat est plus difficile qu’il n’y paraît.
Ce joli conte, qui s’adresse aux jeunes lecteurs, est de grande qualité littéraire malgré une écriture simple. Des références constantes et riches ponctue ce texte : la connaissance du mythe d’Icare dont les ailes fondent alors qu’il s’approche du soleil va-t-elle sauver Kengah du pétrole collé à ses plumes ? La machine à voler de Léonard de Vinci va-t-elle permettre aux chats d’apprendre à voler au poussin Afortunada ? On y rencontre une galerie de « personnages »-animaux totalement atypiques et improbables. Les chats savent parler tous les langages, les chimpanzés boivent de la bière, l’encyclopédie est le livre de référence pour répondre aux problèmes de la vie. Ce roman est écrit du point de vue des chats et porte un regard très critique sur la société humaine qui ne respecte pas la nature dans laquelle elle évolue, qui parlent tellement de langues différentes mais ne peuvent se comprendre. Les chats n’ont aucune confiance en l’Homme et ont un pacte leur interdisant de leur parler. Cette règle sera bafouée pour aider la petite mouette mais pas auprès de n’importe quel humain : leur choix se portera sur un poète : « il ne sait peut-être pas voler avec des ailes d’oiseau, mais en l’entendant j’ai toujours pensé qu’il volait avec ses mots » Un livre drôle, tendre, imaginatif et d’une grande poésie qui défend les valeurs de tolérance, de solidarité envers les plus faibles, de l’acceptation de la différence de manière irrésistible.

2 réflexions sur “Vole vole petit oiseau…

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